À travers les yeux de mes personnages : les défis émotionnels de l'écriture
- lawarobooks
- Jan 27, 2025
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L’écriture est une expérience profondément immersive, un voyage qui emmène l'écrivain.e bien au-delà des simples mots. Pour moi, ce processus est un aller sans retour vers les profondeurs émotionnelles de mes personnages, surtout lorsqu'il s'agit d'une histoire aussi complexe que celle d'Ambre dans Le Livre d'Ambre. Écrire un roman n’est pas seulement une affaire d’imagination ou de technique narrative ; c’est une immersion dans les émotions, les dilemmes, les douleurs et les joies de mes protagonistes. Plus je m'investis dans la création de ces mondes et de mes personnages, plus je me sens connectée à leurs luttes intérieures.
Quand j’écris, je me glisse souvent, sans m’en rendre compte, dans la peau de mon personnage principal. Ambre, à titre d'exemple, est une héroïne pleine de nuances, tiraillée par des dilemmes moraux, des trahisons et un passé qui la hante. Je ressens ses blessures, ses peurs, mais aussi ses moments de force. Cette empathie qui se développe entre l'écrivain.e et ses personnages est précieuse, car elle permet de créer des récits authentiques et puissants. Mais elle a aussi un coût : je vis leurs tourments comme s'ils étaient les miens.
L'impact des personnages sombres
Le véritable danger émotionnel réside dans l’écriture des personnages sombres, ceux dont les combats se jouent principalement à l’intérieur. Ces personnages, aux prises avec leurs démons, leurs hontes et leurs douleurs invisibles, peuvent absorber une part importante de l'énergie mentale et émotionnelle de celui qui écrit. Pour moi, cela a été particulièrement vrai durant l’écriture du tome 2 de la saga Maudits, où le personnage principal est un membre de l’Ordre des Bérets Blancs (oups, spoiler alert !).
Plonger dans la tête de ce personnage, combattant dans l’ombre et luttant avec sa propre culpabilité et ses remords, a été un processus douloureux. Ce personnage ne se bat pas contre un ennemi visible, mais contre des fantômes internes, ce qui, paradoxalement, peut être plus usant. Après avoir achevé le premier jet du manuscrit, je me suis retrouvée dans un état émotionnel épuisant, presque oppressant. Les combats invisibles que j’avais décrits avec tant d’intensité s'étaient insidieusement transférés à mon propre esprit.
Gérer les montagnes russes émotionnelles
Sortir de cette bulle anxieuse n’a pas été facile. En tant qu’auteur.e, il est crucial d’apprendre à gérer ces montagnes russes émotionnelles, mais ce n’est jamais simple. La première chose que j’ai faite après avoir terminé ce premier jet douloureux a été de me tourner vers un autre projet. Parfois, pour s’extirper de l’obscurité émotionnelle, il faut changer de direction créative. Cela m’a permis de reprendre mon souffle, de retrouver une forme de sérénité mentale et de remettre de la distance entre moi et ce personnage.
J’ai aussi appris à instaurer des rituels dans mon écriture pour marquer une frontière plus claire entre moi et mes personnages. Il peut s’agir de sortir de la maison, de marcher en plein air après une séance d’écriture intense, ou encore de me rappeler que, bien que mes personnages vivent des choses difficiles, je suis toujours là, en sécurité, dans mon propre monde. Ces moments de recul sont essentiels pour ne pas sombrer trop profondément dans les émotions des personnages que je crée.
Écrire avec empathie, sans se perdre
L'empathie envers ses personnages est une qualité inestimable pour l'écrivain.e, car elle permet de tisser des récits sincères et puissants. Mais l’écriture d’histoires complexes comme celles des personnages de la saga Maudits demande aussi de l’endurance émotionnelle. Il est facile de se perdre dans les méandres de ces univers sombres et d’absorber les souffrances invisibles des personnages.
En tant qu’auteure, j’apprends toujours à jongler avec cette empathie, à trouver le juste équilibre entre le don de soi à l’histoire et la protection de mon propre bien-être émotionnel. L’écriture est une forme d'exploration intérieure, mais il est aussi important de savoir remonter à la surface, de respirer et de ne pas se laisser totalement submerger par la noirceur des récits.

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